Cette recette de far breton, c’est la grand-mère d’un ami breton qui me l’a mise entre les mains. Une vraie mamie de Bretagne, le genre qui ne mesure rien et ne consulte aucun livre. Pas une recette écrite, juste elle qui m’expliquait dans sa cuisine en faisant autre chose en même temps. Le truc qu’elle répétait : la pâte froide dans le plat brûlant avec le beurre demi-sel qui vient de dorer. Ce choc thermique, c’est ce qui crée cette croûte caramélisée sur les bords et ce cœur fondant qu’on ne retrouve pas ailleurs. Hélène Kerjean, championne du monde 2024, confirme d’ailleurs que c’est là que se joue tout. Voilà comment je la fais depuis.
Ingrédients du far breton de grand-mère
Pour 6 personnes
- 200 g de farine type 45 ou 55
- 200 g de sucre en poudre
- 2 sachets de sucre vanillé
- 4 œufs
- 50 cl de lait entier bien froid
- 70 g de beurre salé breton (50 g dans la pâte, 20 g pour le plat)
- 1 pincée de sel
- En option : 400 g de pruneaux moelleux et 1 bouchon de rhum
Étapes de préparation du far breton
Préparation : 15 minutes — Cuisson : 50 minutes
Préchauffer le four
Direction le four à 230°C, chaleur tournante, avant de commencer quoi que ce soit. Le plat doit entrer dans un four déjà bien chaud, pas en train de monter en température.
Mélanger les ingrédients secs
On verse la farine tamisée, le sucre, les sachets de sucre vanillé et la pincée de sel dans un grand saladier. Un bon mélange pour bien répartir l’ensemble, et on passe à la suite.
Incorporer les œufs
Un puits au centre, les quatre œufs dedans. On fouette en partant du milieu vers les bords pour incorporer la farine progressivement. La pâte sera épaisse, presque compacte à ce stade : c’est exactement ce qu’on cherche.
Ajouter le lait froid
Le lait entier bien froid s’incorpore en deux fois, jamais d’un seul coup. On fouette bien entre chaque ajout jusqu’à obtenir une consistance fluide, proche d’une pâte à crêpes légèrement épaisse. Un passage au chinois pour éliminer les derniers grumeaux et obtenir une pâte vraiment lisse et sans grumeaux, puis direction le réfrigérateur. Le lait doit rester froid jusqu’au moment du versement.
Faire dorer le beurre noisette
On dépose 20 g de beurre salé coupé en morceaux dans le plat à gratin et on enfourne 5 à 7 minutes. C’est l’étape où il ne faut pas aller faire autre chose : le beurre passe du doré au brûlé en quelques secondes. Quand ça sent la brioche, on sort le plat immédiatement, on incline pour napper le fond et les bords, et on enchaîne sans traîner.
Le choc thermique, le geste qui change tout
La pâte froide se verse d’un trait dans le plat brûlant. Le contraste entre le froid et le chaud saisit instantanément la surface. Une fine croûte se forme sur les bords avant même que le four ne prenne le relais. C’est cette étape précise qui sépare un far correct d’un far mémorable.
Cuisson
20 minutes à 220°C, puis on baisse à 180°C pour 30 minutes supplémentaires. Le dessus doit être bien doré, le centre encore légèrement tremblotant quand on secoue le plat : c’est bon signe.
Repos avant dégustation
On laisse refroidir au moins 30 minutes avant de couper. Le far va s’affaisser légèrement en refroidissant : rien d’anormal, c’est même souhaitable. Cette texture dense et compacte avec les bords bien caramélisés, c’est ce qui le caractérise. Moi je le préfère le lendemain, froid, sorti directement du frigo. C’est là qu’il est au mieux. Pour la conservation, il tient facilement 3 à 4 jours au réfrigérateur dans un contenant hermétique.
Nature ou aux pruneaux : quelle est la version authentique ?
Le véritable far breton (Farz Forn en breton) se prépare nature. C’est la version originale, celle qu’on faisait en Bretagne avant que les marins bretons ne ramènent des pruneaux d’Agen de leurs voyages, échangés contre de la morue. Les deux versions sont légitimes aujourd’hui. Si vous optez pour les pruneaux, faites-les tremper dans de l’eau tiède pendant la préparation pour qu’ils gonflent bien, puis déposez-les au fond du plat beurré avant de verser la pâte.
Astuces pour réussir le far breton à tous les coups
- Le lait reste au réfrigérateur jusqu’au dernier moment pour maximiser le choc thermique.
- Le beurre dans le four se surveille en continu : quelques secondes de trop et il brûle.
- Un passage au chinois est vraiment utile pour garantir une pâte sans grumeaux.
- On ne découpe pas le far chaud : il se tient bien mieux après le temps de repos.
- Préparez-le la veille si c’est possible : les arômes se développent pleinement au frais.
- Un verre de cidre brut bien frais à côté, et on est dans la tradition bretonne.
Questions fréquentes sur le far breton
Pourquoi utiliser du lait entier plutôt que demi-écrémé ?
Le lait entier apporte l’onctuosité et le moelleux qui font la texture fondante du far breton. Avec du lait demi-écrémé, le gâteau sera plus sec et moins crémeux au cœur. Les matières grasses jouent un rôle direct dans le résultat final, on ne les remplace pas.
Quelle est la différence entre le far breton et le clafoutis ?
Le far breton a une texture plus dense et compacte, entre le flan et le gâteau. Le clafoutis incorpore des fruits frais dans la pâte et reste plus aérien. La consistance du far est clairement plus ferme, plus proche d’un flan épais que d’un clafoutis aux cerises.
Peut-on préparer le far breton la veille ?
Non seulement c’est possible, mais c’est même conseillé. Préparé la veille, il développe pleinement ses arômes et sa texture. Il se conserve au réfrigérateur couvert d’un film alimentaire et se sort 30 minutes avant de servir pour ne pas être trop froid.
Comment savoir si mon far breton est bien cuit ?
On plante une lame de couteau au centre : elle doit ressortir légèrement humide mais sans pâte liquide. Le dessus doit être bien doré et le centre encore un peu tremblotant quand on secoue le plat. Il se raffermit en refroidissant pour atteindre cette texture fondante qu’on cherche.